Cahier des charges de refonte de site web : le modèle et ce qui change
Une refonte n’est pas une création avec un existant en plus : c’est un exercice différent, qui se rate sur quatre points précis. Le plan de redirections, la reprise des contenus, la mesure avant et après, et le sort des comptes existants.
Modèle et méthode mis à jour le 12 septembre 2026.
Ce qu’une refonte ajoute à un cahier des charges de création
| Section propre à la refonte | Ce qu’elle établit | Ce que coûte son absence |
|---|---|---|
| Mesure avant refonte | Trafic, pages vues, demandes, sur douze mois | Aucun résultat démontrable, aucune chute diagnosticable |
| Inventaire des adresses | Toutes les adresses publiques, hors menu comprises | Des redirections oubliées, donc du trafic perdu |
| Plan de redirections | Une cible par ancienne adresse, en permanent | Perte de l’antériorité acquise, constatée 4 à 8 semaines après |
| Sort des contenus | Repris, réécrit, fusionné ou supprimé, ligne à ligne | Des semaines de travail découvertes après signature |
| Ce qui fonctionne | Pages, parcours et habitudes à préserver | La refonte casse ce qui marchait, sans que personne l’ait décidé |
| Comptes et données | Migration, mots de passe, profondeur de reprise | Une décision de communication prise en fin de projet |
| Bascule | Date, retour arrière, ancien site en lecture | Une coupure un jour de forte activité, sans marche arrière |
Les cinq autres sections sont communes avec une création et se remplissent de la même façon.
Ce que contient le modèle de cahier des charges de refonte
Le document Word proposé ici suit neuf sections. Cinq sont communes avec un cahier des charges de création et se remplissent de la même façon : le contexte, la nouvelle structure, les exigences transverses, la validation et le cadre contractuel, le budget et le calendrier. Quatre sont propres à la refonte, et ce sont elles qui font la valeur du document : la mesure avant refonte, l’inventaire des adresses et le plan de redirections, le sort de chaque contenu existant, et le devenir des comptes et des données.
Chaque section s’ouvre sur ce qu’un prestataire attend à cet endroit, montre un exemple rempli sur une entreprise fictive, puis laisse une zone de saisie. Une section supplémentaire, très courte et très rentable, demande d’écrire ce qui fonctionne aujourd’hui : c’est celle que personne ne rédige, et c’est celle qui évite de casser en chemin ce qui marchait déjà.

Les quatre points sur lesquels une refonte se rate
Le premier est la mesure. Relevez vos chiffres actuels avant que le site change : trafic mensuel sur douze mois, pages les plus vues, demandes reçues, requêtes qui amènent des visiteurs. Ce relevé a deux usages, et les deux sont décisifs. Il permet de démontrer ce que la refonte a produit, faute de quoi la discussion de fin de projet tourne aux impressions. Et il permet de diagnostiquer une chute : une refonte fait mécaniquement bouger le trafic pendant quelques semaines, et savoir d’où l’on part est la seule façon de distinguer un creux normal d’une redirection manquée. Faites-le sur douze mois, pas sur le mois en cours : beaucoup d’activités sont saisonnières.
Le deuxième est le plan de redirections. Inventoriez toutes les adresses publiques du site actuel, y compris celles qui ne figurent dans aucun menu : anciens articles, pages de campagne, fichiers à télécharger. Chacune doit pointer vers son équivalent ou vers la page de rattachement la plus proche, en redirection permanente. Rediriger l’ensemble vers l’accueil est techniquement une redirection et fonctionnellement une page introuvable : c’est la façon la plus rapide de perdre l’antériorité acquise. Exigez la vérification le jour de la bascule, adresse par adresse, comme critère d’acceptation écrit.
Le troisième est la reprise des contenus. Quatre décisions possibles pour chaque contenu, et une seule par ligne : repris tel quel, réécrit, fusionné avec un autre, supprimé. Cette décision vous appartient : un prestataire ne connaît ni la valeur commerciale de vos textes, ni ce qui est devenu faux. C’est le poste le plus sous-estimé d’une refonte, et il se compte en semaines. Profitez-en pour supprimer : croiser votre inventaire avec le relevé de trafic rend la décision facile, une page sans visite depuis douze mois et sans valeur commerciale n’a pas besoin d’être migrée.
Le quatrième est le sort des comptes existants, et c’est une décision de direction plus que de technique. Selon la façon dont les mots de passe sont stockés, il peut être impossible de les transférer : il faudra alors demander à chaque utilisateur d’en choisir un nouveau. Prévenir trois mille personnes est un projet de communication, pas une ligne de développement. Décidez-le au cahier des charges, pas trois semaines avant la bascule.

Un exemple rempli, sur un cas fictif
L’extrait ci-dessous vient du document Word. Il porte sur une entreprise entièrement fictive, la « Maison Verdier », et sert uniquement à montrer le niveau de détail attendu.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
Une refonte ratée ne se voit pas le jour de la mise en ligne. Elle se voit six semaines plus tard, dans les statistiques, quand le trafic n’est pas revenu.
- Ne pas relever les chiffres avant. C’est l’erreur irréversible de cette liste : une fois l’ancien site remplacé, le point de départ n’existe plus, et aucun résultat ne pourra être démontré ni aucune chute expliquée.
- Rediriger tout vers l’accueil. Un visiteur qui cherchait une page précise arrive sur une page d’accueil et repart. Pour un moteur, l’ancienne page n’a pas d’équivalent : son antériorité est perdue.
- Sous-estimer la reprise des contenus. Deux mille fiches à reprendre représentent des semaines de travail. Un site techniquement livré mais vide n’est pas un site livré.
- Ne pas écrire ce qui fonctionne. Une refonte change tout par défaut, et le confort acquis disparaît sans que personne l’ait décidé : une page qui ramène des demandes depuis trois ans, un formulaire court, un numéro visible sans défilement.
- Décider du sort des comptes en fin de projet. Si les mots de passe ne se migrent pas, il faut prévenir, expliquer et accompagner. Cela se prépare au cahier des charges.
- Basculer un jour de forte activité, sans retour arrière. Choisissez un creux constaté sur votre relevé de douze mois, prévoyez une fenêtre de marche arrière et gardez l’ancien site accessible en lecture quelques jours.
Refonte et devis : ce que le prestataire en fait
Une refonte se chiffre dans les mêmes ordres de grandeur qu’une création, plus les postes de reprise. Les fourchettes que ce guide publie, en euros hors taxes sur le marché français du sur-mesure : site vitrine professionnel sous 10 000 €, site sur mesure de 10 000 à 40 000 €, plateforme web de 40 000 à 120 000 €, projet complexe au-delà, avec une maintenance annuelle de 10 à 20 % du coût de fabrication. Les postes propres à la refonte se chiffrent à part, et doivent apparaître comme tels au devis.
Un prestataire qui reçoit un cahier des charges de refonte bien tenu lit d’abord trois choses : le nombre d’adresses à rediriger, le volume de contenus à reprendre et la décision sur les comptes. Ces trois chiffres lui donnent l’essentiel du risque. Un dossier qui les laisse vides reçoit soit un devis prudent, c’est-à-dire cher, soit un devis optimiste qui se rattrapera en avenants.
Prévoyez enfin le rendez-vous de mesure. Une refonte ne se termine pas le jour de la mise en ligne : elle se termine quand les indicateurs relevés avant ont été relevés à nouveau, à quatre puis à huit semaines, par la même personne et avec le même outil, et que quelqu’un a écrit ce qui a bougé. Inscrivez ces deux dates au calendrier du projet, sinon elles n’auront pas lieu.
La suite du circuit : l’arborescence et son plan de redirections, le cahier des charges de création pour les cinq sections communes, et la grille de comparaison des devis pour lire les réponses.
Les autres modèles du guide
- Arborescence de site web : le modèle à remplir et trois exemples commentés
- Devis site internet : un exemple commenté et la grille de comparaison
- Expression de besoin : le document à rédiger avant le cahier des charges
Tous les modèles sont réunis sur le hub des ressources. Le document qui les rassemble reste le cahier des charges de site internet : c’est lui qui part aux prestataires. Les fourchettes de prix publiées et la grille de lecture des devis servent ensuite à comparer les réponses ligne à ligne.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un cahier des charges de refonte de site web ?
C’est le document de consultation d’un projet qui remplace un site existant. Il reprend les sections d’un cahier des charges de création et y ajoute quatre parties propres à la refonte : la mesure des chiffres actuels, l’inventaire des adresses et le plan de redirections, le sort de chaque contenu existant, et le devenir des comptes et des données.
Qu’est-ce qui change entre une refonte et une création ?
Quatre choses, toutes liées à l’existant. Il faut relever les chiffres du site actuel avant de le remplacer, rediriger chaque ancienne adresse vers une cible pertinente, décider du sort de chaque contenu, et traiter les comptes utilisateurs. Une création n’a aucune de ces contraintes, et c’est pour cela qu’un devis de refonte ne se compare pas à un devis de création à périmètre fonctionnel égal.
Faut-il garder les anciennes adresses lors d’une refonte ?
Conservez à l’identique les adresses des pages qui reçoivent le plus de trafic : une adresse qui fonctionne n’a aucune raison de changer. Pour toutes les autres, une redirection permanente vers l’équivalent le plus proche suffit. Ce qu’il ne faut jamais faire, c’est rediriger l’ensemble vers l’accueil : l’antériorité de chaque page est alors perdue.
Combien coûte une refonte de site web ?
Les mêmes ordres de grandeur qu’une création, plus les postes de reprise. Les fourchettes publiées par ce guide vont de moins de 10 000 € hors taxes pour un site vitrine professionnel à plus de 120 000 € pour un projet complexe, avec une maintenance annuelle de 10 à 20 % du coût de fabrication. Exigez que la reprise des contenus et le plan de redirections apparaissent comme des lignes distinctes au devis.
Quand mesurer les résultats d’une refonte ?
À quatre semaines puis à huit semaines après la bascule, par la même personne et avec le même outil qu’avant la refonte. Les premières semaines sont toujours agitées : une variation de trafic dans ce délai ne prouve rien. C’est la comparaison à huit semaines, sur des indicateurs relevés avant, qui dit ce que la refonte a produit.
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