Arborescence de site web : le modèle à remplir et trois exemples commentés
L’arborescence est la carte des pages d’un site et des chemins qui y mènent. Elle décide de ce que vos visiteurs trouveront, de ce que les moteurs comprendront, et du nombre de gabarits que le prestataire devra fabriquer. Elle se construit avant les maquettes, jamais après.
Modèle et méthode mis à jour le 12 septembre 2026.
Les sept onglets du classeur
| Onglet | À quoi il sert | À quel moment |
|---|---|---|
| Mode d’emploi | La méthode en sept étapes et les quatre règles du classeur | Avant de commencer |
| Arborescence | Une ligne par page : trois niveaux, gabarit, intention, adresse cible | Le document de travail |
| Exemple 1 · site vitrine | Neuf pages, deux niveaux, une page par prestation vendue | Au démarrage |
| Exemple 2 · vente en ligne | Trois niveaux, avec les contenus d’aide en rubrique à part | Au démarrage |
| Exemple 3 · plateforme | Espace connecté en branche de premier niveau | Au démarrage |
| Tri par cartes | Le protocole et la feuille de relevé des séances | Avant de trancher la structure |
| Plan de redirections | Ancienne adresse, nouvelle adresse, type, vérification | Sur une refonte, obligatoire |
Le classeur se remplit de gauche à droite : on liste, on trie, on range, puis on redirige.
Ce que contient le modèle d’arborescence
Le classeur Excel proposé ici contient sept onglets. Le deuxième est le document de travail : une ligne par page, avec trois colonnes de niveau, le gabarit associé, ce que le visiteur vient y chercher, le contenu à produire, la mention existant ou nouveau, l’adresse cible et une priorité. Les listes déroulantes évitent les fautes de saisie qui empêcheraient de trier le tableau, et la colonne de priorité se teinte seule.
Trois onglets donnent des exemples remplis, sur trois formes de site très différentes : un site vitrine de neuf pages sur deux niveaux, une boutique en ligne sur trois niveaux, et une plateforme avec espace connecté. Chacun porte le repère de structure qui lui est propre. Les deux derniers onglets portent le protocole de tri par cartes et le plan de redirections.
Le classeur s’envoie tel quel au prestataire retenu : il lui donne le nombre de gabarits à concevoir, ce qui est la première variable de son chiffrage, et le volume de contenus à produire ou à reprendre, poste régulièrement oublié.

Comment construire une arborescence, étape par étape
Commencez par lister les contenus à plat, sans les ranger. Une page par ligne, rédigée avec les mots de vos clients. Cette étape paraît triviale et elle est décisive : tant que vous rangez et listez en même temps, vous reproduisez la structure que vous avez déjà en tête, qui est presque toujours celle de votre organisation interne.
Menez ensuite un tri par cartes. Le protocole tient en une page et se pratique avec trente à soixante cartes, une par contenu, et cinq à huit participants qui ne travaillent pas chez vous. Chacun range les cartes en tas qui ont du sens pour lui, puis nomme chaque tas avec ses propres mots. Vous ne proposez aucune catégorie : c’est tout l’intérêt. Les noms de tas que les participants emploient deviennent vos libellés de menu, ce qui est la méthode la plus simple pour arrêter d’écrire « nos solutions » sur un bouton.
Notez les hésitations autant que les résultats. Une carte qui change trois fois de tas signale un contenu mal nommé, ou un contenu qui devrait exister à deux endroits. C’est l’information la plus précieuse de la séance, et elle disparaît si vous ne relevez que le classement final.
Rangez ensuite en trois niveaux au maximum. Au-delà, une page devient difficile à atteindre depuis l’accueil, pour un visiteur comme pour un moteur de recherche, et le nombre de clics nécessaires pour arriver sur une page de vente augmente mécaniquement. Si vous avez besoin d’un quatrième niveau, votre deuxième niveau est probablement mal découpé : c’est souvent une famille trop large qu’il faut scinder en deux.
Limitez le premier niveau à sept entrées. Un menu principal à quinze entrées ne se lit pas, et l’arbitrage qu’il évite se reporte entièrement sur le visiteur. Les rubriques en trop descendent d’un niveau ou disparaissent. Cette contrainte fait mal au moment de la poser, et elle est la meilleure protection contre le site qui grossit sans jamais se relire.
Remplissez la colonne « ce que cherche le visiteur » pour chaque ligne. Elle justifie l’existence de la page. Une page dont personne ne sait dire ce qu’on y cherche est une page à supprimer, et il vaut mieux s’en apercevoir dans un tableur que trois mois après la mise en ligne. Cette colonne sert aussi à repérer deux pages qui répondent à la même recherche : elles se feront concurrence entre elles et doivent fusionner.
Fixez enfin les adresses. Une adresse se décide une fois, lisible et courte, et elle ne se renomme plus. Renommer une adresse après la mise en ligne coûte du trafic, et la perte se constate quatre à huit semaines plus tard, quand l’équipe projet est passée à autre chose. Sur une refonte, remplissez le dernier onglet : chaque ancienne adresse pointe vers son équivalent ou vers la page de rattachement la plus proche, en redirection permanente. Rediriger toutes les anciennes pages vers l’accueil est la façon la plus rapide de perdre l’antériorité déjà acquise.

Trois exemples commentés, sur des cas fictifs
Les trois onglets d’exemple du classeur portent sur des entreprises entièrement fictives. Ils servent à montrer qu’une arborescence ne se copie pas d’un type de site à l’autre : chaque forme a son repère de structure propre.
Ce que l’arborescence change pour le référencement
La structure d’un site est l’un des rares sujets où le confort du visiteur et la lecture par les moteurs vont exactement dans le même sens. Une page atteignable en deux clics depuis l’accueil reçoit davantage de liens internes, donc davantage de signaux, et elle est explorée plus souvent. La même page enfouie à cinq clics reçoit peu de liens, se visite peu et s’explore moins. Rien de mystérieux dans ce mécanisme : l’arborescence répartit l’attention, et l’attention est une ressource finie.
Le deuxième effet tient au regroupement. Quand une rubrique réunit des pages qui traitent réellement du même sujet, chacune renforce les autres par le maillage naturel du menu et des listes. Quand une rubrique mélange des sujets sans rapport parce qu’ils dépendent du même service interne, ce renforcement disparaît. C’est la raison la plus concrète de préférer le vocabulaire des clients à celui de l’organigramme.
Le troisième effet est négatif et se paie une seule fois : deux pages qui répondent à la même recherche se partagent les liens entrants et se font concurrence dans les résultats. La colonne « ce que cherche le visiteur » sert exactement à repérer ces doublons avant qu’ils existent. Fusionner deux pages sur le papier coûte cinq minutes ; les fusionner un an après la mise en ligne coûte une redirection, une réécriture et plusieurs semaines de flottement.
Le quatrième concerne les refontes, et c’est le plus coûteux quand on l’oublie. Une adresse qui change sans redirection permanente perd l’antériorité accumulée par l’ancienne page. Le plan de redirections n’est donc pas une formalité technique de fin de projet : c’est la contrepartie directe du travail d’arborescence, et il se rédige en même temps que la nouvelle structure, pas la veille de la bascule.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
Une arborescence ratée ne se voit pas à la mise en ligne. Elle se voit six mois plus tard, dans les statistiques, quand une rubrique entière ne reçoit aucune visite.
- Calquer la structure sur l’organigramme. « Direction technique », « Service commercial » et « Pôle innovation » sont des rubriques qui ont du sens pour vous seul. Vos clients cherchent un produit, un prix, une réponse à un problème, jamais un service interne.
- Employer votre vocabulaire métier. Si votre catalogue dit « consommables » et que vos clients disent « fournitures », le menu dit « fournitures ». Le tri par cartes sert exactement à repérer cet écart, qui est invisible de l’intérieur.
- Créer deux pages pour la même recherche. Elles se font concurrence entre elles, se partagent les liens entrants, et aucune des deux n’arrive à s’imposer.
- Descendre à quatre ou cinq niveaux. Chaque niveau supplémentaire éloigne la page de l’accueil et dilue les liens internes qui lui parviennent. Une page à cinq clics est une page que peu de visiteurs atteindront.
- Oublier le plan de redirections. C’est le poste le plus coûteux de cette liste, parce que la perte est immédiate et invisible. Un plan de redirections est un livrable contractuel, à vérifier le jour de la mise en ligne, pas un mois après.
Arborescence et devis : ce que le prestataire en fait
Une arborescence remplie change la nature d’un devis. Elle donne le nombre de gabarits différents à concevoir et à intégrer, qui est la première variable de chiffrage d’un site : neuf gabarits ne coûtent pas le double de quatre, mais un devis établi sur « une dizaine de pages » ne veut rien dire tant que ce nombre n’est pas posé. Elle donne aussi le volume de contenus à produire ou à reprendre, poste régulièrement oublié et régulièrement facturé en supplément.
Elle sert enfin à comparer des propositions. Deux agences qui reçoivent la même arborescence chiffrent le même objet ; deux agences qui reçoivent une description littéraire chiffrent deux objets différents et leurs totaux ne sont pas comparables. C’est le même principe que la trame de budget jointe au cahier des charges : un cadre commun imposé par l’acheteur.
La suite du circuit passe par les gabarits de pages, qui détaillent chaque type identifié ici, puis par le cahier des charges, qui reprend l’arborescence en section 5, et enfin par la lecture des devis ligne à ligne, avec les fourchettes publiées du guide comme étalon.
Les autres modèles du guide
- Wireframe : douze exemples de gabarits de pages et le modèle à réutiliser
- Expression de besoin : le document à rédiger avant le cahier des charges
- Backlog produit : le modèle Excel, la priorisation et un exemple rempli
Tous les modèles sont réunis sur le hub des ressources. Le document qui les rassemble reste le cahier des charges de site internet : c’est lui qui part aux prestataires. Les fourchettes de prix publiées et la grille de lecture des devis servent ensuite à comparer les réponses ligne à ligne.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’arborescence d’un site web ?
C’est la carte des pages du site et des chemins qui y mènent, organisée en niveaux : les rubriques du menu principal, leurs sous-rubriques, puis les pages de détail. Elle décide de ce que les visiteurs trouvent, de ce que les moteurs explorent et du nombre de gabarits à fabriquer.
Combien de niveaux doit avoir une arborescence de site web ?
Trois au maximum dans la très grande majorité des cas, et sept entrées au plus au premier niveau. Chaque niveau supplémentaire éloigne les pages de l’accueil, dilue les liens internes et allonge le chemin du visiteur. Un besoin de quatrième niveau signale presque toujours un deuxième niveau trop large, à scinder.
Comment faire un tri par cartes ?
Préparez une carte par contenu, entre trente et soixante, écrites avec les mots de vos clients. Réunissez cinq à huit personnes extérieures à votre entreprise. Chacune range les cartes en tas et nomme ses tas avec ses propres mots, sans que vous proposiez de catégorie. Relevez les noms de tas et les cartes qui hésitent : les premiers deviennent vos libellés de menu, les secondes signalent vos contenus mal nommés.
Faut-il refaire l’arborescence lors d’une refonte ?
Presque toujours, et c’est même l’un des rares gains certains d’une refonte. En revanche, toute page dont l’adresse change doit être redirigée en permanent vers sa nouvelle adresse. Le plan de redirections se rédige en même temps que la nouvelle arborescence, se vérifie le jour de la bascule, et constitue un livrable contractuel.
Quel outil utiliser pour construire une arborescence ?
Un tableur suffit et présente deux avantages sur les outils de schéma : il se trie, et il se transmet tel quel au prestataire comme document de travail. Les outils de diagramme sont utiles pour présenter le résultat en réunion, pas pour le construire ni pour le faire chiffrer.
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