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Ressource · Cadrer le besoin · 2026

Cahier des charges GED : le modèle Word et les douze sections à remplir

Une gestion électronique de documents échoue rarement sur la technique. Elle échoue sur trois questions que ce cahier des charges force à trancher avant la consultation : la volumétrie réelle, le plan de classement, et le sort de l’existant. Sans réponses écrites, la GED devient un second dossier partagé, en plus cher.

Modèle et méthode mis à jour le 12 septembre 2026.

Ce que contient le document

Les douze sections du modèle

Les douze sections du modèle
Section Ce qu’elle établit Le piège courant
1. Contexte Le déclencheur précis et le circuit actuel Un projet sans événement déclencheur
2. Objectifs Trois à cinq cibles chiffrées et datées L’objectif « dématérialiser », qui ne se mesure pas
3. Volumétrie Nombre, poids, rythme, types de documents Des chiffres estimés au lieu d’être comptés
4. Plan de classement Trois niveaux et les métadonnées par type Des métadonnées à saisir à la main
5. Acquisition Les chemins d’entrée et la numérisation Le stock papier oublié du budget
6. Recherche Les recherches types et le temps de réponse Un adjectif à la place d’une valeur cible
7. Workflows Étapes, acteurs, délais, escalade Le cas de l’absence du valideur
8. Cycle de vie Durées, point de départ, sort à l’échéance Conservation et valeur probante confondues
9. Droits et traçabilité Rôles, journal d’activité, sauvegardes Des droits bâtis sur des noms de personnes
10. Intégrations Chaque flux et le système qui fait foi Une GED isolée, donc inutilisée
11. Reprise Tout, une partie, ou rien, et qui qualifie Un double usage sans date de fin
12. Budget Licences, intégration, reprise, conduite du changement Un devis qui ne chiffre que les licences

Chaque section contient une explication, un exemple rempli sur un cabinet fictif et une zone à compléter.

Ce que contient le modèle de cahier des charges GED

Le document Word proposé ici suit douze sections, dans l’ordre où elles se rédigent. Chaque section s’ouvre sur ce qu’un éditeur ou un intégrateur attend à cet endroit, se poursuit par la liste des points à couvrir, montre un exemple rempli sur un cabinet fictif, puis laisse une zone de saisie. Comptez deux à cinq jours de rédaction répartis sur quelques semaines, le temps d’obtenir les réponses internes.

Trois sections portent l’essentiel de la valeur et demandent un vrai travail : la volumétrie, qui décide de l’architecture et du prix ; le plan de classement, qui décrit votre métier et ne se sous-traite pas ; et la reprise de l’existant, qui fait varier le budget du simple au triple. Les neuf autres se remplissent vite si ces trois-là sont tranchées.

Tableau annoté : Les douze sections du modèle, colonne par colonne
Tableau annoté : Les douze sections du modèle, colonne par colonne

Comment rédiger un cahier des charges de GED, section par section

Commencez par compter, pas par estimer. Le nombre de fichiers existants, leur poids total et le rythme de création mensuel s’obtiennent en une demi-journée sur votre serveur de fichiers, et ces trois chiffres changent tout : le dimensionnement du stockage, le mode de licence, la durée de la reprise. Une volumétrie donnée au jugé fausse l’ensemble des devis que vous recevrez, et l’écart ne se découvre qu’après la signature.

Listez ensuite vos types de documents. Un type, c’est un ensemble qui partage les mêmes métadonnées, le même circuit de validation et la même durée de conservation. La plupart des organisations en ont entre huit et vingt, rarement plus. Les décrire un par un prépare la section suivante et révèle souvent que deux types que l’on croyait distincts n’en font qu’un.

Le plan de classement vient ensuite, et c’est le travail le plus long. Trois niveaux au maximum, comme une arborescence de site : au-delà, personne ne sait plus où déposer. La règle qui sépare une GED utilisée d’une GED abandonnée tient en une phrase : on cherche par métadonnées, pas par dossiers. Un document bien qualifié se retrouve depuis n’importe quel angle ; un document rangé au bon endroit ne se retrouve que si l’on se souvient de l’endroit.

Pour chaque type, listez les métadonnées avec leur caractère obligatoire ou facultatif, leur format et surtout leur source. Une métadonnée que l’utilisateur doit saisir à la main sera vide une fois sur trois ; une métadonnée reprise automatiquement d’un outil métier sera toujours juste. Cette distinction n’est pas un détail de paramétrage, c’est un critère de choix d’éditeur, et elle mérite d’être écrite comme une exigence.

Décrivez les chemins d’entrée des documents : dépôt manuel, numérisation, arrivée par messagerie, génération automatique par un outil métier, dépôt par un tiers. Sur la numérisation, distinguez ce que vous attendez de la reconnaissance de caractères : la recherche plein texte et l’extraction automatique de métadonnées ne se chiffrent pas pareil, et la seconde demande un paramétrage par type de document.

Écrivez les circuits de validation avec les personnes qui les vivent, pas avec la direction seule. Un circuit écrit d’en haut est contourné dans les six mois, et la GED redevient un dépôt passif. La question la plus souvent oubliée est celle de l’absence : que se passe-t-il quand le valideur est en congé ? Un circuit sans suppléant ni délai d’escalade bloque, et le contournement consiste à sortir le document de la GED.

Séparez ensuite deux choses que l’on confond systématiquement. La conservation, c’est garder un document pendant sa durée utile puis le supprimer. L’archivage à valeur probante, c’est garantir qu’un document n’a pas été modifié et pourra être opposé, ce qui suppose des dispositifs et des coûts d’un autre ordre. Écrivez, type par type, la durée et son point de départ : une durée qui court à partir de la fin de la relation commerciale ne se calcule pas comme une durée qui court à partir de la date du document. Faites valider cette section par votre conseil ou votre délégué à la protection des données plutôt que de la remplir de mémoire.

Décrivez les droits par rôles, jamais par noms de personnes : un modèle bâti sur des noms devient ingérable au premier recrutement. Précisez si les droits se calculent sur le plan de classement, sur les métadonnées, ou sur les deux : la différence est structurante et tous les produits ne savent pas faire les deux.

Traitez enfin les intégrations comme un sujet d’adoption et non de confort. Une GED isolée finit inutilisée, parce que le collaborateur reste dans son outil métier et dépose « plus tard ». Trois intégrations reviennent toujours : l’outil métier qui génère des documents, la messagerie d’où viennent les pièces jointes, et l’annuaire qui porte les identités. Décrivez chaque flux avec cinq informations : quelle donnée, dans quel sens, à quelle fréquence, par quel moyen, et quel système fait foi.

Chaîne des documents d'un projet web, étape « Cahier des charges GED » surlignée
Chaîne des documents d'un projet web, étape « Cahier des charges GED » surlignée

Un exemple rempli, sur un cas fictif

L’extrait ci-dessous vient du document Word. Il porte sur un cabinet entièrement fictif, le « Cabinet Aubrac & Associés », et sert uniquement à montrer le niveau de détail attendu. Ni ses chiffres ni son plan de classement ne sont des références.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Un projet de GED se juge à dix-huit mois, sur un seul indicateur : le serveur de fichiers est-il encore utilisé en parallèle ? Voici ce qui fait répondre oui.

  • Estimer la volumétrie au lieu de la compter. Tous les devis reçus sont alors calibrés sur un chiffre faux, et l’écart se découvre à la reprise, hors périmètre.
  • Laisser l’éditeur écrire le plan de classement. Il décrit votre métier : personne d’extérieur ne peut le produire. Un plan de classement acheté sur étagère est contourné dès le premier cas particulier.
  • Multiplier les métadonnées à saisir à la main. Chaque champ manuel supplémentaire baisse le taux de qualification. Une GED dont les documents sont mal qualifiés est un serveur de fichiers avec une facture de licence.
  • Confondre conservation et valeur probante. Demander la valeur probante sur tous les types multiplie le coût ; ne la demander sur aucun expose sur les quelques types qui en relèvent vraiment.
  • Oublier le cas de l’absence dans les workflows. Un circuit qui bloque pendant des congés produit un contournement, et le contournement consiste à sortir le document de la GED.
  • Ouvrir un double usage sans date de fin. Deux systèmes en parallèle sans échéance annoncée, c’est la garantie que l’ancien survivra à l’autre.
  • Ne chiffrer que les licences. L’intégration, la reprise et la conduite du changement pèsent souvent plus que le logiciel. Un devis qui ne les contient pas n’est pas moins cher, il est incomplet.

Cahier des charges GED et devis : ce que l’éditeur en fait

Un éditeur ou un intégrateur lit d’abord la volumétrie et le nombre de types de documents : ces deux chiffres lui donnent l’ordre de grandeur du paramétrage et du mode de licence. Il lit ensuite le plan de classement, qui lui dit si le travail préparatoire a été fait ou s’il devra l’animer, ce qui n’est pas le même métier ni le même prix. Il lit enfin la section de reprise, qui est la plus grande source d’écart entre deux devis d’un même projet.

Attendez-vous à des propositions très dispersées, et ce n’est pas anormal : sur une GED, les périmètres proposés varient plus que les prix unitaires. C’est exactement pourquoi la trame de budget jointe compte autant ici que sur un projet de site : elle impose le même découpage en postes à tous les candidats, et rend visible qu’un devis moins cher a laissé la reprise ou la formation en dehors.

Pour la consultation elle-même, la trame d’appel d’offres informatique donne les règles, les critères de notation et la grille de dépouillement. Si votre projet comporte aussi une partie web, le cahier des charges de site internet traite le reste, et la grille de lecture des devis s’applique aux deux.

Les autres modèles du guide

Tous les modèles sont réunis sur le hub des ressources. Le document qui les rassemble reste le cahier des charges de site internet : c’est lui qui part aux prestataires. Les fourchettes de prix publiées et la grille de lecture des devis servent ensuite à comparer les réponses ligne à ligne.

FAQ

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un cahier des charges GED ?

C’est le document de consultation d’un projet de gestion électronique de documents. Il décrit la volumétrie, les types de documents, le plan de classement et les métadonnées, les chemins d’entrée, les recherches attendues, les circuits de validation, les durées de conservation, les droits, les intégrations, la reprise de l’existant et le budget. Il sert à obtenir des propositions comparables.

Quelles sont les sections indispensables d’un cahier des charges de GED ?

Trois portent l’essentiel : la volumétrie comptée, le plan de classement avec les métadonnées par type, et la décision sur la reprise de l’existant. Les neuf autres se remplissent rapidement une fois ces trois-là tranchées, et un dossier qui les laisse vides ne peut pas être chiffré sérieusement.

Qui doit rédiger le cahier des charges d’une GED ?

Le métier, avec l’appui du service informatique. Le plan de classement décrit votre organisation documentaire : ni un éditeur, ni une direction technique ne peuvent l’écrire à votre place. Le service informatique apporte les contraintes d’infrastructure, de sécurité et d’intégration.

Quelle différence entre conservation et archivage à valeur probante ?

La conservation consiste à garder un document pendant sa durée utile puis à le supprimer. L’archivage à valeur probante garantit en plus qu’un document n’a pas été modifié et pourra être opposé, ce qui suppose des dispositifs spécifiques et un coût d’un autre ordre. En pratique, seuls quelques types de documents en relèvent : les identifier évite de payer la valeur probante sur l’ensemble du fonds.

Combien coûte un projet de GED ?

La fourchette dépend surtout de la volumétrie, du nombre de types de documents et du sort réservé à l’existant, qui peut à lui seul dépasser le coût du logiciel. Quel que soit le montant, exigez un devis en quatre postes distincts : licences ou abonnement, intégration et paramétrage, reprise de l’existant, conduite du changement. Un devis qui n’en chiffre qu’un n’est pas moins cher, il est incomplet.

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