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TJM développeur, jour-homme agence, salaire interne : les trois coûts comparés

Le TJM, ou tarif journalier moyen, est le prix d’une journée de travail d’un indépendant. C’est le chiffre que tout le monde cite et le seul des trois modes de recrutement à être publiquement mesuré : voici ce qu’il vaut réellement, et ce qu’il ne dit pas.

Modèle et méthode mis à jour le 12 septembre 2026.

Ce que contient le document

Les trois coûts, leurs sources et leurs limites

Les trois coûts, leurs sources et leurs limites
Mode Ce qui est publiquement mesuré Source et date de relevé Ce que le chiffre ne dit pas
Freelance TJM médian développeur 525 € ; médian tous métiers 570 € TJMètre, baromètre 2026, 10 970 observations sur 12 mois (relevé le 12/09/2026) Partie des observations déclarative ; effectifs faibles sur certaines spécialités
Freelance Tarif jour moyen 576 € pour les profils expérimentés ; 317 € à 0-2 ans, 672 € à 15 ans et plus Malt, grille des tarifs 2026 des développeurs freelances (relevé le 12/09/2026) Panel d’une seule plateforme, tarifs affichés et non facturés constatés
Salarié Développeur Java ou Python autour de 45 k€ bruts annuels ; développeur Rust près de 71 k€ Silkhom, baromètre des salaires informatique 2026, plus de 25 000 profils depuis 2019 (publié le 30/06/2026) Baromètre d’un cabinet de recrutement : décrit le marché du recrutement, pas les salariés en poste
Agence Aucun baromètre public du jour-homme facturé Aucune source publique identifiée au 12/09/2026 Se compare au projet, pas à la journée : voir les fourchettes publiées par ce guide
Repère Revenu moyen des travailleurs indépendants : 58 007 € par an URSSAF 2024, cité par TJMètre (relevé le 12/09/2026) Tous indépendants confondus, pas seulement les développeurs

Relevés du 12/09/2026. Chaque source porte sa méthode et son biais : elles ne sont pas interchangeables, et aucune ne se convertit en une autre par un coefficient.

Ce que coûte un développeur freelance, chiffres et sources

Deux baromètres publics mesurent le tarif journalier des développeurs freelances en France, avec des méthodes différentes, et il est utile de les lire ensemble plutôt que de retenir l’un des deux.

TJMètre publie un baromètre 2026 construit sur 10 970 observations relevées sur douze mois, en croisant des formulaires propriétaires, les baromètres Free-Work et Silkhom, et l’interface de données de France Travail. Le TJM médian tous métiers y ressort à 570 €, et celui des développeurs à 525 €. La grille par spécialité donne, en médiane : WordPress 380 €, PHP 450 €, Laravel 450 €, .NET 480 €, Angular 490 €, Node.js 510 €, développeur fullstack 520 €, Vue.js 520 €, Python 530 €, React 540 €, Java 540 €, TypeScript 540 €, Go 590 €, Rust 680 €. Relevé le 12 septembre 2026 sur le site de l’éditeur.

Malt publie de son côté une grille des tarifs 2026 des développeurs freelances actifs sur sa plateforme au cours des trois derniers mois. Le tarif jour moyen des profils expérimentés y ressort à 576 €, avec une progression nette par ancienneté : 317 € entre zéro et deux ans, 435 € entre trois et sept ans, 576 € entre huit et quinze ans, 672 € au-delà de quinze ans. Par spécialité, les développeurs back-end sont à 562 €, les administrateurs systèmes et réseaux à 569 €, les experts cybersécurité à 720 €. Relevé le 12 septembre 2026.

Les deux sources ne disent pas exactement la même chose, et l’écart s’explique. Malt mesure une moyenne sur les profils expérimentés d’une plateforme orientée missions à distance, à partir de tarifs affichés par les freelances eux-mêmes. TJMètre mesure une médiane sur un panel plus large et partiellement déclaratif. Une moyenne est tirée vers le haut par les tarifs élevés, une médiane ne l’est pas : c’est l’essentiel de la différence entre 576 et 525 €.

Retenez donc une fourchette et non un nombre : pour un développeur confirmé en France, le tarif journalier se situe couramment entre 450 et 600 €, avec des spécialités rares nettement au-dessus et le développement sur des socles très répandus nettement en dessous. Et lisez les effectifs : sous une cinquantaine de réponses, une médiane par spécialité se lit comme un ordre de grandeur, pas comme une mesure.

Tableau annoté : Les trois coûts, leurs sources et leurs limites, colonne par colonne
Tableau annoté : Les trois coûts, leurs sources et leurs limites, colonne par colonne

Ce que coûte un développeur salarié, et pourquoi on ne le convertit pas

Le baromètre des salaires informatique 2026 de Silkhom, publié le 30 juin 2026 et construit sur plus de 25 000 profils analysés depuis 2019, situe un développeur Java ou Python autour de 45 000 € bruts annuels, en léger recul par rapport à l’année précédente. Les profils rares tirent vers le haut : un développeur Rust s’y établit près de 71 000 €, un data engineer près de 58 000 €. Ce baromètre décrit le marché du recrutement, c’est-à-dire les profils qui passent par un cabinet, et non l’ensemble des salariés en poste.

Vient alors la question que tout le monde pose : combien cela fait-il par jour, pour comparer avec un TJM ? La réponse honnête est qu’il n’existe pas de coefficient publiable pour passer du salaire brut au coût employeur. Le taux de cotisations patronales dépend du niveau de rémunération, de l’effectif de l’entreprise et des exonérations applicables. Il se calcule sur la paie réelle, il ne se multiplie pas par un nombre trouvé sur un blog.

C’est exactement l’erreur que nous refusons de reproduire. Le seul concurrent français qui publie un calculateur de ce type applique des coefficients de un virgule deux et un virgule cinq qui ne sont sourcés nulle part : le résultat a l’air précis et ne repose sur rien. Demandez ce calcul à votre service de paie, qui l’obtient en quelques minutes sur votre situation réelle, et vous aurez un chiffre juste au lieu d’un chiffre rassurant.

Ajoutez-y, quel que soit le mode de calcul, ce que le salaire ne contient pas : le recrutement lui-même, la montée en compétence des premiers mois, le poste de travail et les licences, les congés et les absences, l’encadrement. Et rappelez-vous qu’un salarié n’est pas facturable trois cent soixante jours : sur une année, on compte plutôt deux cent dix à deux cent vingt jours réellement travaillés, congés et jours fériés déduits.

Chaîne des documents d'un projet web, étape « TJM développeur, jour-homme agence, salaire interne » surlignée
Chaîne des documents d'un projet web, étape « TJM développeur, jour-homme agence, salaire interne » surlignée

Le jour-homme d’agence : le chiffre qui n’existe pas

Nous avons cherché un baromètre public du jour-homme facturé par les agences et les sociétés de services françaises. Il n’y en a pas. Rien d’équivalent à ce que Malt ou TJMètre publient côté freelances, ni chez les syndicats professionnels, ni chez les cabinets d’étude accessibles sans abonnement. Nous le disons plutôt que d’inventer une fourchette : une page qui affiche un chiffre sans source vous fera prendre une décision sur du vent.

Cette absence n’est pas un hasard, et elle est instructive. Une agence ne vend pas une journée, elle vend un résultat livré : une équipe constituée, une méthode, une continuité de service quand quelqu’un est absent, une responsabilité contractuelle sur le livrable, une garantie après mise en ligne. Ramener tout cela à un prix à la journée revient à comparer un forfait hôtelier à un prix au mètre carré : le calcul est faisable et il ne renseigne sur rien.

Le bon terrain de comparaison est donc le projet, pas la journée. Les fourchettes que ce guide publie et rappelle à l’identique sur toutes ses pages, en euros hors taxes sur le marché français du sur-mesure : site vitrine professionnel sous 10 000 €, site sur mesure de 10 000 à 40 000 €, plateforme web de 40 000 à 120 000 €, projet complexe au-delà, avec une maintenance annuelle de 10 à 20 % du coût de fabrication. Un devis d’agence se compare à ces fourchettes et aux autres devis reçus, poste par poste, pas à un tarif journalier.

Si un prestataire vous annonce spontanément un tarif journalier, ce n’est pas un défaut : c’est souvent le signe d’une prestation en régie, c’est-à-dire d’une mise à disposition de compétence plutôt que d’un engagement sur un livrable. Les deux modes existent et sont légitimes. Ils ne se comparent simplement pas entre eux, et confondre les deux au moment de l’achat est la source d’à peu près tous les malentendus de fin de projet.

Ce que les trois modes vendent réellement

Un freelance vend des journées de compétence. Vous y gagnez un coût d’entrée faible, une grande souplesse et souvent une expertise pointue. Vous en portez la contrepartie : c’est vous qui pilotez, qui arbitrez et qui assurez la continuité si la personne tombe malade ou accepte une autre mission. Sur un projet qui a besoin de trois compétences différentes, cela signifie coordonner trois contrats.

Un salarié vend de la disponibilité durable et de la connaissance accumulée. Au bout de deux ans, il sait des choses sur votre métier qu’aucun prestataire ne saura jamais. En contrepartie, vous portez le recrutement, la montée en compétence, l’encadrement et l’engagement de durée. Et une compétence isolée s’érode : un développeur seul dans une entreprise non technique progresse moins vite qu’au sein d’une équipe.

Une agence vend un résultat livré. Vous y gagnez une équipe déjà constituée, une méthode rodée, une continuité assurée en interne et une responsabilité contractuelle sur ce qui est livré. Vous en portez le coût : elle facture aussi son encadrement, sa marge et son risque. Et vous devez cadrer, parce qu’un engagement sur un livrable suppose que le livrable soit écrit.

La question utile n’est donc pas « lequel est le moins cher à la journée », mais « lequel porte le risque que je ne veux pas porter ». Si vous n’avez ni le temps ni la compétence pour piloter au quotidien, une journée d’agence plus chère achète précisément ce que vous ne pouvez pas faire. Si vous savez piloter et que le besoin est ponctuel, le freelance est le choix évident. Si le besoin est permanent et central pour votre activité, l’internalisation finit par s’imposer, quel que soit le calcul de départ.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Un mauvais arbitrage sur ce sujet ne se voit pas à la signature. Il se voit au sixième mois, quand le projet s’arrête faute de quelqu’un pour le porter.

  • Comparer un TJM à un salaire brut. Le premier inclut les charges, les congés, le matériel, la prospection et le risque de l’indépendant ; le second n’inclut rien de tout cela. Les mettre côte à côte sans retraitement fait toujours conclure au même endroit, et c’est faux.
  • Se fier à un calculateur qui applique un coefficient. Les coefficients de conversion salaire vers coût employeur qu’on trouve en ligne ne sont presque jamais sourcés. Demandez le calcul à votre service de paie, sur votre situation réelle.
  • Prendre un tarif journalier d’agence comme critère. Il n’en existe pas de public, et quand un prestataire en annonce un, il décrit une prestation en régie, pas un engagement sur un livrable.
  • Oublier les jours non facturables. Un salarié travaille plutôt deux cent dix à deux cent vingt jours par an, congés et jours fériés déduits. Un raisonnement sur deux cent vingt jours et un raisonnement sur trois cents ne donnent pas le même résultat, à salaire identique.
  • Choisir le mode avant d’avoir écrit le besoin. C’est le périmètre, sa durée et sa criticité qui désignent le mode, pas l’inverse. Un besoin ponctuel et cadré, un besoin permanent et central, un besoin large mais sans compétence de pilotage interne n’appellent pas la même réponse.
  • Retenir un chiffre sans sa date. Les baromètres cités ici datent de 2026 et bougent chaque année. Un TJM de 2023 recopié aujourd’hui n’est pas une information, c’est une erreur.

Comment s’en servir au moment de consulter

Ces chiffres servent à deux choses, et à deux choses seulement. D’abord à vérifier qu’un devis est plausible : si un prestataire affiche un tarif journalier très en dessous des fourchettes publiques, quelque chose se compense ailleurs, en séniorité, en sous-traitance ou en périmètre. Ensuite à ne pas se laisser impressionner par un tarif élevé quand l’architecture ou l’exigence du projet le justifient.

Ils ne servent pas à négocier ligne à ligne un devis au forfait. Sur un engagement de livrable, le prestataire vend un résultat et assume le risque de dépassement : lui imposer un tarif journalier revient à lui demander de reprendre ce risque à son compte tout en renonçant à sa marge, ce qu’aucune structure saine n’acceptera. La négociation utile porte sur le périmètre, pas sur le taux.

La suite du circuit tient en trois documents de ce guide : l’expression de besoin pour écrire ce que vous cherchez, le cahier des charges pour le faire chiffrer, et la grille de comparaison des devis pour lire les réponses poste par poste. Les fourchettes de prix publiées restent l’étalon au niveau du projet.

Les autres modèles du guide

Tous les modèles sont réunis sur le hub des ressources. Le document qui les rassemble reste le cahier des charges de site internet : c’est lui qui part aux prestataires. Les fourchettes de prix publiées et la grille de lecture des devis servent ensuite à comparer les réponses ligne à ligne.

FAQ

Questions fréquentes

Quel est le TJM moyen d’un développeur en France ?

Deux baromètres publics le mesurent, avec des méthodes différentes. TJMètre situe la médiane des développeurs à 525 € par jour sur 10 970 observations relevées sur douze mois. Malt annonce un tarif jour moyen de 576 € pour les profils expérimentés actifs sur sa plateforme. Les deux relevés datent du 12 septembre 2026. En pratique, retenez une fourchette de 450 à 600 € pour un profil confirmé, plutôt qu’un chiffre unique.

Comment le TJM varie-t-il selon l’expérience ?

Selon la grille Malt 2026, le tarif jour moyen passe de 317 € entre zéro et deux ans d’expérience, à 435 € entre trois et sept ans, 576 € entre huit et quinze ans, et 672 € au-delà de quinze ans. L’écart entre un profil débutant et un profil très expérimenté est donc de l’ordre du simple au double.

Un freelance coûte-t-il plus cher qu’un salarié ?

La comparaison directe n’a pas de sens telle quelle. Un tarif journalier inclut les charges de l’indépendant, ses congés, son matériel, sa prospection et son risque ; un salaire brut n’inclut rien de tout cela, et le coût employeur correspondant dépend de votre effectif et de vos exonérations. Faites calculer ce coût par votre service de paie sur votre situation réelle, et comptez 210 à 220 jours réellement travaillés par an, plutôt que d’appliquer un coefficient trouvé en ligne.

Quel est le tarif journalier d’une agence web ?

Aucun baromètre public ne mesure le jour-homme facturé par les agences françaises, et nous préférons le dire plutôt qu’avancer un chiffre sans source. Une agence vend un résultat livré, pas une journée : elle se compare au projet. Les fourchettes que ce guide publie servent de repère, de moins de 10 000 € hors taxes pour un site vitrine professionnel à plus de 120 000 € pour un projet complexe.

Faut-il négocier le TJM d’un devis au forfait ?

Non, la négociation utile porte sur le périmètre. Sur un forfait, le prestataire s’engage sur un livrable et assume le risque de dépassement : lui imposer un taux revient à lui demander de garder ce risque en renonçant à sa marge. Réduisez plutôt le périmètre de la première version, en vous appuyant sur les priorités écrites de votre cahier des charges.

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